L'Éloge de la lenteur

Festina lente !

Les latinistes distingués seront attentifs à cette expression surtout quand elle s’applique aux vaccins et à notre santé. Sa traduction « Hâte-toi lentement » est devenue la devise que la France semble adopter au grand dam des citoyens qui ne comprennent pas ce qui leur arrive ou plutôt ce qui ne leur arrive pas.



Depuis quelques jours, notre quartier bruissait face à l’arrivée tardive des vaccins. Ici et là on entendait murmurer des réactions de déception, d’incompréhension. Aujourd’hui la population devient plus agitée face au constat accablant concernant la lenteur des vaccins promis. L’excitation et parfois même la colère ont pris le dessus quand on a découvert que nous étions parmi les derniers de la classe en Europe concernant le nombre de vaccins administrés. Les chiffres sont affligeants. ISRAËL est le pays le plus avancé au monde pour la vaccination, ce qui en fait la fierté de son Premier Ministre ; au ROYAUME-UNI la campagne est menée au pas de charge. La FRANCE, elle, semble vouloir prendre son temps en adoptant la lenteur de l’escargot. Dans le gouvernement, on assume le rythme indolent de la vaccination. « Je ne confonds pas vitesse et précipitation », a déclaré le Ministre de la Santé Olivier VÉRAN, le 29 décembre dernier, assurant que la FRANCE aura rattrapé son retard à la fin du mois de janvier 2021. « On n'est pas parti pour un 100 mètres mais pour un marathon » a-t-il ajouté. Peut être que si on adopte un rythme lent, c’est parce que l’on n’est pas capable d’aller vite.


En France, Les injections se font au compte-goutte dans les maisons de retraite. On voit mal comment l'objectif d'immuniser les 22 millions de Français les plus à risque d'ici fin avril 2021 pourrait être rempli. Nous faisons clairement figure de mouton noir. Les différences de rythme avec les autres pays font polémiques. Les Français sont déboussolés et perdent confiance, le pire des sentiments quand on veut mobiliser les citoyens pour la vaccination. Nous risquons de passer d’une défiance sur les vaccins contre le Covid à une défiance vis-à-vis de l’État.


Contrairement aux idées reçues, prendre son temps n'est pas forcément la bonne solution pour faire entendre raison aux sceptiques. « Ce n'est pas en avançant à tout petits pas que l'on arrivera à les convaincre, au contraire. Ils vont se dire que si on va si lentement c'est qu'on n'est pas sûr de soi et qu'il y a un danger » explique le généticien Axel KAHN.


Notre nation dispose pourtant de tous les moyens pour sortir le plus vite possible de l'épidémie. L’État bénéficie de relais qui ne demandent qu’à s’activer. « Je pense qu’on a été un peu trop défensifs dans la façon d’aborder le vaccin » finit par déclarer le Ministre de la Santé.

C’est un bon signal ; il s’agit de rassurer, de bousculer la lourdeur administrative, d’adopter une stratégie logistique adaptée aux enjeux et de prendre au plus vite la seringue en s’appuyant sur de bonnes courroies de transmission au plus près du terrain. Fini le rythme de promenade, on rentre dans l’urgence. Des signaux intéressants sont donnés, on entre dans une accélération de la campagne. Acceptons en l’augure.Ce serait le meilleur moyen pour sortir du coronavirus, rouvrir l'économie sortir de cette lenteur d’escargot qui nous en fait baver.


JC LE GALL. ........


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